Communiqué de presse –  15 septembre 2017

Scandale du Lévothyrox : mépris pour les patients, irresponsabilité des laboratoires pharmaceutiques !

Le Lévothyrox est un médicament prescrit aux patients souffrant de troubles de la thyroïde, petite glande située à la base du cou qui régule de nombreuses fonctions métaboliques.

Trois millions de patients, dont je suis, ingèrent, chaque jour, le matin, à jeun, ce petit médicament blanc, parfois accompagné de « demi ou de quart » savamment dosés pour éviter tous déséquilibres entrainant sueurs, fatigue, palpitations, irritabilité, crampes, désordres intestinaux… Des prises de sang fréquentes doivent être réalisées pour réguler le plus précisément possible le dosage nécessitant parfois de réadapter ce minutieux traitement.

Et voici qu’il y a quelques mois, le laboratoire allemand Merck, qui a le monopole du traitement depuis 1988, a décidé de changer l’excipient de ce médicament pour remplacer le lactose, auquel certaines personnes sont intolérantes, sans aucune information, sans aucune précaution, laissant des millions de patients seuls avec des effets secondaires.

Certes, les médecins traitants et pharmaciens ont invité les patients à faire une prise de sang de contrôle mais bien souvent le dosage n’est pas à l’origine des nombreux troubles survenus. Il nous fallait simplement être « patient » pour le laboratoire Merck, entre la perte de cheveux, la fatigue et autres troubles handicapant au quotidien…

Une double peine pour les patients : malade de la thyroïde avec un traitement contraignant à vie (gare à qui oublie son Lévo !), il nous faut supporter des troubles liés à un changement brutal de composition de notre médicament sans aucune raison clairement explicitée, sans information préalable et sans aucune prise en compte par les pouvoirs publics.

Il aura donc fallu des semaines de mobilisation, une pétition regroupant plus de 270 000 personnes, des questions écrites des parlementaires et des plaintes récentes pour « non-assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d’autrui » pour que la Ministre de la Santé daigne s’intéresser à ce scandale de santé publique et demande aujourd’hui la remise sur le marché de l’ancienne formule uniquement « sur prescription médicale ».

Combien de patients auront vu leur état de santé dégradé entre temps ?

Pourquoi cette absence de communication claire sur le changement de composition ?

Quel coût cette lubie inexpliquée de Merck a-t-elle en terme de santé publique ?

Quid du rôle d’évaluation et prévention de l’agence française du médicament ?

Quel surplus cela entraine pour la prise en charge par la sécurité sociale des maux liés à ce changement inopportun, des prises de sang à répétition, des rendez-vous médicaux, des arrêts maladie liés à ces effets secondaires ?

Toute la lumière doit être faite sur ces évènements et une commission d’enquête parlementaire doit se saisir de ce scandale en terme de santé publique qui interroge sur l’irresponsabilité de certains laboratoires pharmaceutiques dans notre pays pouvant jouer avec l’état de patients dépendants de monopoles hors de tout contrôle.

Nadège AZZAZ
Conseillère régionale d’Ile-de-France
Membre de la Direction Collégiale du Parti Socialiste

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